La Seconde Guerre mondiale : regards croisés sur les mises en récit

Le quatrième cycle de rencontres sur site organisé par le réseau Memorha visait à interroger la place des années noires dans les espaces publics européens. Il s'agissait en particulier d'interroger le recours récurrent de la Résistance dans l'espace public en France mais plus largement en Europe...et évidemment en Rhône-Alpes. Les questions posées étaient alors les suivantes: comment les lieux de mémoire traduisent-ils où s’emparent-ils de ces nouveaux contextes et réfléchissent-ils à la pertinence des pédagogies mises en œuvre ? Au-delà de leurs implications en termes de médiation, et de l’interaction entre lieux de mémoire et production artistique, de quoi procède la démarche des auteurs qui s’intéressent à la période ? Quels sont les récits proposés pour la période?

Cette rencontre sur site organisée en Haute-Savoie à Annecy fut l’occasion d'échanger autour de ses questions et en particulier sur les mises en récit de la Seconde Guerre mondiale. Grâce aux regards croisés des intervenants (historiens, sociologue, enseignant en littérature, auteur, professionnels de lieux de mémoire, etc.), l’objectif fut de décrypter les processus à l’œuvre, les finalités poursuivies et les représentations qui nourrissent les perceptions actuelles de la période.


La Seconde Guerre mondiale : regards croisés sur les mises en récit

Introduction et animation de la journée

par Pierre Judet, Maître de conférences à l'Université Pierre Mendès-France de Grenoble, membre du Comité scientifique des musées de la Résistance et de la Déportation en Haute-Savoie.

Résistance, support de récits et d'études locales à caractère historique. Quelles représentations transmises ? 
par 
Gil Emprin, Enseignant en histoire et professeur associé au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère.

Les "faiseurs de mémoire " et l'économie de l'échange mémoriel.

par 
Michel Rautenberg, Professeur de sociologie à l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne.

Table ronde animée par Pierre Judet, 
Maître de conférences à l'Université Pierre Mendès-France de Grenoble et Marina Guichard, responsable du service Mémoire et Citoyenneté du Conseil général

Discussion sur la démarche d'auteur, les finalités poursuivies et les représentations inhérentes à tout récit*, en présence de :



• Charlotte Lacoste :


Dans son essai "
Séductions du bourreau – Négation des victimes" (PUF, 2010), Charlotte Lacoste analyse les mécanismes de mythification de la figure littéraire du bourreau à travers le roman de Jonathan Litell, prix Goncourt 2006. Elle met en exergue une « perversion syntaxique » qui innocente le bourreau de ses crimes et culpabilise la victime. Charlotte Lacoste est une ancienne élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégée de lettres modernes, elle enseigne la littérature française du XXe siècle et la littérature comparée à l'université de Nancy.

• Michel Germain :
Président de la Société des auteurs savoyards, enseignant agrégé en Histoire géographie retraité et auteur de nombreux ouvrages : témoignage d'un  acteur de mémoire de la 2ème génération actif par ailleurs au sein d'associations d'anciens résistants et déportés.

• Isabelle Wagner :
Travaille dans la médiation culturelle. Correspondante de presse au Dauphiné Libéré jusqu'en 2006, elle collabore aujourd'hui à un hebdomadaire national. Elle est co-auteur d'un ouvrage sur la vie de Jeanne Brousse, résistante en Haute-Savoie.

• Jeanne Brousse :
Résistante, témoin support de récit littéraire, toujours fortement impliquée dans la transmission dans les établissements scolaires.

Conclusion
par 
François Deschamps, Directeur des Affaires culturelles du Conseil général de la Haute-Savoie.