Historique

Les prémices du Réseau MEMORHA

Terre de mémoires fertiles, la région Rhône-Alpes a vu naître dès le début des années 1990 diverses tentatives de mises en réseau des différents lieux et territoires dédiés à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi la vidéocassette Déportés de Rhône-Alpes avait-elle été conçue en commun en 1995 autour du témoignage d’anciens déportés par la quasi-totalité des musées de lieux de mémoire consacrés à la Seconde Guerre mondiale en Rhône Alpes. Il s’agissait du premier projet mené afin de mettre en évidence l’existence d’une histoire et d’une mémoire spécifique à la région.

Les étapes clés dans la constitution de Réseau Mémorha

2004 : l’ethnologie à l’épreuve de l’histoire

Les prémices d’un travail en réseau entre le CHRD, le Parc du Vercors, l’ARA, la DRAC et le CG 74 se sont esquissés autour du parcours de Germaine Tillion, ethnologue et résistante à laquelle le CHRD avait consacré une exposition. Des rencontres autour du parcours intellectuel et de l’engagement dans les différents combats du siècle de Germaine Tillion se sont déroulées au moment du 60e anniversaire des combats des Glières et du Vercors.


Une journée d’étude organisée par l’ARA et le CHRD à Lyon intitulée « Quand l’événement crée l’implication : l’ethnologie à l’épreuve de l’histoire » a rassemblé des scientifiques de différents horizons géographiques et disciplinaires. Cette journée a suscité de nouvelles formes d’interrogation concernant les mémoires des conflits en Rhône-Alpes, hors du contexte strictement universitaire, puisqu’elle a permis de confronter le travail d’enquête historico-mémoriel des historiens avec les outils d’analyse de la sociologie et de l’anthropologie, mais également de réfléchir sur le traitement de ces thématiques par les musées.

En outre, un colloque interdisciplinaire s’est déroulé en octobre 2004 à Vassieux, faisant comme un écho à ses diverses initiatives et mobilisant des chercheurs en sciences sociales et artistes européens.

De 2004 à 2007 : engager une réflexion sur la mémoire en Rhône-Alpes

Suite à l’exposition, et à l’initiative de la DRAC, les rencontres entre acteurs de lieux historiques et mémoriels liés à la Seconde Guerre mondiale et aux conflits du XXe siècle se poursuivent. Sur le modèle du réseau textile qui fonctionnait alors, il s'agit de favoriser l'émergence de réflexions et d’axes de travail commun, en permettant à ces acteurs de mieux se connaître et de découvrir les différents sites de la région.

Ainsi, trois axes de réflexion ont émergé :

  • La mémoire de l’immigration
  • La mémoire industrielle (mémoire ouvrière et plus largement du social)
  • La mémoire des conflits

 

Afin de construire une politique cohérente à l’échelle régionale, la DRAC et la région Rhône-Alpes proposent conjointement un appel à projets, Mémoires du XXe siècle, qui devient la source principale de financement et de soutien des projets du réseau en formation.

Une réunion fondatrice : le 13 juin 2007 à Lyon

Lors d’une journée de réflexion publique organisée à Lyon par le Modys, la Maison d'Izieu et le CHRD, des réflexions sur les enjeux des mémoires, se focalisent autour de trois thèmes : la disparition des témoins, l'émergence de nouveaux acteurs mais aussi celle de nouveaux récits et développements historiographiques.

Un voyage d'études à Berlin réunit cette même année, au mois de décembre, professionnels des lieux de mémoire et d'histoire, chercheurs historiens et sociologues. Cette formation, en ouverture sur des comparaisons européennes, impulse une réelle dynamique de travail et d'échanges fructueux entre l'ensemble des partenaires.

2008- 2011 : la mise en place d’une programmation structurée

Le réseau, encore informel, est alors porté administrativement par la Maison d'Izieu et co-animé avec des chercheurs du MODYS, devenu le Centre Max Weber. Une programmation structurée sur trois ans est mise en place à l'échelle du territoire Rhône-alpin.

Chaque année une thématique est explorée : l'inscription des lieux historiques et mémoriels sur leur site et leur territoire, la question de la disparition des témoins directs de la période, puis celle de la refonte des expositions permanentes et la construction de nouveaux parcours muséographiques.
Ainsi de 2008 à 2011, trois cycles de séminaires sur site ont permis au public de découvrir les lieux et leurs acteurs de Rhône-Alpes autour de questions et de réflexions partagées par tous.

Au fil de ces années, les activités et propositions du réseau se sont structurées autour de plusieurs principes de travail et de recherche :

  • la rencontre et l'échange entre les acteurs du territoire et les publics
  • le déplacement sur les différents lieux et sites pour les découvrir et les étudier « de l'intérieur »
  • une démarche comparative avec d'autres territoires et en ouverture vers l'Europe
  • le souci constant de la formation continue des membres du réseau
  • l'accueil d'étudiants et de stagiaires autour de sujets de recherche et d'espaces d'expérimentation à travers les lieux et sites de la région Rhône-Alpes.

2 décembre 2011 : fondation officielle de l'association « réseau MEMORHA »

Le réseau s’organise en association. Ce nouveau statut permet d’officialiser son existence, son organisation et ses missions.
Il devient un espace de travail, d'échanges et de réflexions réunissant des institutions, des personnes et des regards très divers, véritable laboratoire d'idées et d'actions structuré à l'échelle de la région Rhône-Alpes, et ouvert sur d'autres régions et sur l'Europe.